Grupo Mono Blanco.- Testimonios.- Une article pour nos amis français

"Quand j’ai entendu Mono Blanco en 1989 pour la première fois, je ne m’attendais pas aux sons que produisaient ces musiciens sérieux et leurs instruments anciens ; une sonorité que le New York Times a décrite comme une très puissante boîte à musique. La musique que produisait ce quatuor était ce que je pouvais décrire comme un mur de son avec un contrepoint très développé et un discours musical hermétiquement tissé et rythmiquement ondulé."
Eugene Rodriguez, 1998.

Fondé en 1978, l’ensemble Mono Blanco est devenu le groupe phare du «mouvement jaranero» c’est à dire la nouvelle génération de musiciens se consacrant à la récupération et à la réintégration du Son Jarocho dans les campagnes et les villes. Ces virtuoses des cordes ont fait de la musique traditionnelle de Veracruz un style de vie, et leur maîtrise des instruments alliée à leur profonde connaissance de la base culturelle régionale leur a permis de se produire sur de nombreuses scènes dans le monde et d’entrer en contact avec d’autres cultures populaires. La pratique simultanée d’une musique enracinée dans sa communauté d’origine et d’un art ouvert aux expériences de fusion les plus diverses fait de Mono Blanco une des formations les plus agréablement surprenantes du panorama sonore actuel au Mexique.

Le Son Jarocho

Le Son Jarocho commença à devenir un genre défini dans la musique populaire mexicaine à partir des années 1750, en s'étendant tout le long du littoral central du Golfe du Mexique, dans la zone d'influence commerciale directe du port de Veracruz.
C'est ainsi que le son jarocho se développa vigoureusement sur la côte tropicale, peu peuplée et humide, dont la population la plus caractéristique était les "jarochos", provenant d'une triple racine: européenne, africaine et indigène.
Le répertoire de sones jarochos compte presque une centaine d'airs différents dont la racine, aussi bien pour la musique que pour les vers et la danse, montre une forte empreinte andalouse et une orchestration des cordes qui devient conventionnelle avec le temps et qui provient du XVIe siècle espagnol. D'autres influences musicales proviennent d'Afrique occidentale (percussions, mélodies et certains usages de la "guitare de son" et de la harpe), zone d'origine de la plupart des esclaves amenés dans la région, ainsi que du Maghreb et d'Orient, certainement à cause de la présence arabe en Andalousie.
L'ensemble instrumental caractéristique s'est fixé autour de quelques instruments: des "jaranas" (petite guitare à quatre cordes percutées), la "guitare de son" ponctuée et, éventuellement, une petite harpe, qui devint plus grande à partir de 1930 et qui s'incorpora dès lors avec force. À cet ensemble de cordes, ont été ajoutés parfois d'autres instruments (le violon et même la flûte) ainsi que quelques percussions (zapateado [danse podorythmique formant partie intégrante de la musique], tambourin hexagonal, mâchoire d'âne).

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